Qui était Tania Head, la femme espagnole qui se faisait passer pour une victime du 11 septembre

Il 11 septembre 2001 On s’en souvient comme d’un jour noir dans l’histoire récente de l’humanité. 25 ans plus tard, chacun se souvient où il se trouvait le jour de l’attaque des Twin Towers, et un événement d’une telle ampleur est impossible à oublier, peu importe le temps qui passe. Cependant, il y a ceux qui ont su profiter de la tragédie, même si c’était au prix d’ignorer la vérité. Le survivantle documentaire de Kike Maíllo, sorti en salles fin août, raconte précisément l’une des histoires les plus populaires de l’époque : celle de une femme qui se faisait passer pour une victime du 11 septembre et à laquelle tout le monde a longtemps cru sans même imaginer la farce qui se cachait derrière cela.

Alicia Esteve Head, plus connue sous le nom de Tania Tête (c’est le nom avec lequel elle s’est présentée dans cette réalité parallèle qu’elle a elle-même créée), se trouvait à Barcelone le jour de l’attentat, à des kilomètres des troubles de New York, vivant sa vie en vivant ce qui s’est passé à distance. Mais ce n’est pas ce qu’il a dit. Aux yeux du monde, la présumée Tania Head était l’une des survivantes de cette attaque qui prétendait se trouver au 78e étage de la tour sud du World Trade Center au moment des événements. Pour ajouter encore plus de douleur à son histoire, il a également assuré que son fiancé Dave était mort dans la tour Nord.

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Cette histoire n’est pas le fruit du hasard. Au cours des années qui ont suivi l’attaque, Alicia – ou Tania – construisait une histoire apparemment crédible en termes de lieu et de détails, même si elle n’était jamais allée aux États-Unis auparavant. La première fois qu’il s’est rendu dans le pays touché, c’était en 2003, puis en 2004. a rejoint le réseau des survivants du World Trade Center après que l’un de ses fondateurs, Gerry Bogacz, ait appris qu’elle était la créatrice d’un groupe de soutien en ligne pour les victimes de l’attaque. Petit à petit, Head gravit les échelons de l’organisation jusqu’à devenir l’une des voix les plus respectées de la communauté des survivants.

Et ce n’est pas étonnant, car la version avec laquelle cette femme était sortie dans le monde était pour le moins choquante. Non seulement elle a parlé de sa perte personnelle ou a parfaitement dessiné la scène du moment de l’attaque, mais elle a également ajouté des touches de couleur à son histoire, comme comment elle-même a été sauvée par « l’homme au foulard rouge », Welles Crowther, un jeune homme qui a sauvé une multitude de personnes avant de mourir sous les décombres. À son histoire de salut, il ajoute le détail qu’un autre mourant qui l’a fait sortir de la tour Il lui a donné son alliance de sorte que, s’il survivait, il le donnerait à sa femme. Une information déchirante de plus dans une histoire parfaitement tissée pour attaquer le cœur.

Mais le témoignage de Tania Head ne se limitait pas à des paroles. Durant ses années sous le feu des médias, la victime présumée n’a eu aucun scrupule à montrer une blessure grave au brasconséquence, selon elle, de l’attaque. Tout cela l’a amenée à devenir président du réseau des survivants du World Trade Centerce qui l’a fait participer à la fois à des événements institutionnels avec des personnalités politiques et même à des visites guidées de Ground Zero. Son implication a été telle qu’elle a réussi à obtenir un financement pour l’organisation, même si des années plus tard, aucune preuve n’a encore été découverte qu’elle en ait profité financièrement, ce qui est encore plus intrigant compte tenu de son rôle d’escroc dans l’histoire.

Comment la vérité sur Tania Head éclate au grand jour

En 2007, un groupe de véritables survivants ont commencé à remettre en question le témoignage de Tania Head et ont réalisé à quel point son histoire contenait de nombreux détails qui n’avaient jamais été clarifiés. C’est ce qui a conduit à David W. Dunlap et Serge F. Kovaleskides journalistes de Le New York Times pour réaliser une rapport d’enquête sorti le 27 septembre 2007 et intitulé TL’histoire d’un survivant du 11 septembre (L’histoire d’un survivant du 11 septembretel qu’il a été traduit en Espagne). Ce rapport concluait que toutes les informations personnelles que Head avait fournies sur elle-même à cette époque étaient fausses : elle n’avait ni étudié à Harvard, ni travaillé chez Marrill Lynch, et elle n’était pas non plus à Manhattan le jour des événements. La seule chose vraie dans son histoire est qu’il y avait une victime nommée Dave, même si non seulement il n’était pas son fiancé, mais qu’elle ne l’avait jamais rencontré non plus.

C’était un journal espagnol, L’avant-gardequi a fini de confirmer l’identité de la supposée Tania : son vrai nom était Alicia Esteve et elle était originaire de Barcelone. Comme prévu, la communauté des survivants qui étaient là elle s’est sentie profondément trahie confrontés à la réalité révélée par le rapport, à savoir que beaucoup d’entre eux avaient fait de la supposée Tania Head une confidente, convaincus qu’elle saurait de première main ce qu’ils avaient vécu. En conséquence logique, Head a été évincé de l’organisation et, à partir de ce moment, a disparu de la vie publique.

Cependant, la curieuse histoire d’Alicia refait surface à chaque anniversaire de l’attaque des Twin Towers, non pas au point d’éclipser la réalité et sa signification, mais comme une note de bas de page qui continue d’attirer l’attention de beaucoup. La raison de son geste ce n’est pas encore clairmais Tania Head est devenue une sorte de symbole que tout n’est pas toujours ce qu’il semble, puisque son profil ne pourrait être plus éloigné de celui d’un escroc typique.

Mérite une mention spéciale le rôle que le journalisme a joué dans l’issue de ce mensonge. C’est grâce au travail d’investigation minutieux mené par un journal que la vérité des faits a été connue et qu’elle a soulagé, d’une certaine manière, la douleur des victimes qui, sans le savoir, continuaient à être lésées, cette fois, par des mensonges. Le rapport d’enquête publié par le New York Times continue de rester dans les mémoires comme l’un des ouvrages journalistiques les plus remarquables de ces dernières années.

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